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I. Reconstruction de l’église (1869 – 1874)
1) Les souscriptions :
Les deux premières souscriptions ouvertes en 1869 et 1870 en faveur de la reconstruction de l’église ont permis de récolter une somme de plus de 2 000 fr qui permettait de faire démarrer les travaux sans attendre d’avoir réuni l’intégralité de la somme prévue (la totalité des travaux se montant à 6 800 fr environ). Parmi les plus généreux donateurs, on peut relever les noms de quelques notables locaux : Lerond Jean, rentier à Villers, Mme de Bouteiller (châtelaine de Landonvillers), Pinal François, Renard Félix, Mr le baron Sers (châtelain d’Urville et maire de Courcelles-Chaussy), etc. A cette première somme est venue s’ajouter une importante fondation de Mr Jean Wibratte (1 000 fr), ainsi qu’une indemnité de 1 303 fr pour les « dévastations de guerre » (les évènements tragiques de 1870 étant survenus entre temps), sans oublier un généreux « secours » de …100 fr (!) de Sa Majesté la reine (puis impératrice) de Prusse. Une 3ème souscription fut ouverte : elle rapporta environ 400 fr. Le reste des travaux fut financé par les recettes ordinaires de la paroisse : location des places de bancs (environ 600 fr de 1872 à 1874), les quêtes (500fr), une collecte faite par les demoiselles (un peu plus de 200 fr)…Si bien que fin décembre 1874, le gros des travaux était terminé…et les comptes du trésorier parfaitement équilibrés, puisqu’il restait une somme de 36 fr dans la caisse de la fabrique.
2) Les travaux :
- le gros œuvre est réalisé par Charles LEFRANC, entrepreneur à Mont : les paiements sont effectués régulièrement par la Fabrique (1200 fr en décembre 1869, 1000 fr en février 70, 400 fr en juillet et en septembre 72, 200 fr en avril 74) ; au 1er janvier 1876, elle doit encore à Charles LEFRANC la somme de 800 fr ; le compte sera soldé définitivement en 1877 - la menuiserie (planchers et bancs) est réalisée par Mr ÉTIENNE, menuisier à Pont à Chaussy - les plafonds par Mr COTTE, plâtrier à Rémilly - la peinture (badigeonnage des murs intérieurs) par Mr HENNEQUIN de Silly sur Nied - le carrelage de l’allée de l’église par Mr JACQUEMIN.
3) Les matériaux utilisés :
- la chaux est fournie par Mr FONTAINE, chaufournier à Retonféy - les pierres ordinaires sont prélevées sur le terrain de Mr BOURGUIGNON ; on utilise très souvent des matériaux de récupération ou rétrocédés par des habitants du village - les pierres de taille sont fournies par Mr JACQUEMIN (voir ci-dessus) - le sable le plus utilisé est naturellement le sable de Moselle ou du Sablon, mais également celui tiré de la sablonnière de Mr COLLIGNON à Pange.
4) Aménagement intérieur et mobilier :
- 1873 : réparation de l’harmonium (40fr) - 1875 : pose des fenêtres de l’église par Mr LEJEAIL, peintre verrier (111 fr) - 1876 : réalisation des deux petits autels par Mr JACQUEMIN (ils ont été financés par des dons particuliers et une quête faite par les demoiselles du village) - 1877 : acquisition d’un buffet pour la sacristie, fourni par Mr VAUGEIN de Frontigny (50 fr) - 1878 : pose d’un nouveau confessionnal (l’ancien a été récupéré par Mr Émile COLLIN pour la somme de 5 fr) et de carrelage devant les petits autels ; ces travaux sont réalisés par MM. THOMAS et PIERRON de Nancy - 1880 : pose des fonts baptismaux par Mr DURAND Victor.
A partir de ce moment, la première série de gros travaux est terminée. On n’enregistre plus que les dépenses courantes de fonctionnement. Les fonds de la Fabrique sont au plus bas (en 1882, il ne reste plus en caisse que la modeste somme de… 9, 50 fr). Pendant les 6 années suivantes, le Conseil de Fabrique va progressivement reconstituer ses réserves en vue de l’ouverture d’un nouveau gros chantier : la reconstruction du clocher.
Fonds disponibles
1882 : 9, 50 fr 1884 : 420, 70 fr 1886 : 783, 25 fr 1888 : 1172, 10 fr 1883 : 161,10 fr 1885 : 531, 35 fr 1887 : 947, 50 fr
(les comptes sont arrêtés, ainsi que le veut la tradition, au dimanche de Quasimodo de chaque année).
II. La reconstruction du clocher (1888)
Ces travaux sont entièrement réalisés par Mr DELAUT, entrepreneur à Boulay, pour un montant approximatif de 4 000 fr. Un premier acompte de 1 250 fr est versé dès 1 888, le solde étant réglé en une dizaine de versements successifs, au fur et à mesure des disponibilités financières de la Fabrique. Le dernier paiement est effectué en novembre 1894. Quelques remarques concernant la comptabilité :
- En 1892 (22 ans après l’Annexion), les factures sont réglées en mark, mais la comptabilité est toujours faite en francs, ce qui donne lieu chaque fois à des exercices de conversion, comme par exemple : « Envoyé par la poste à Monsieur Delaut la somme de deux cent mark, acompte sur le travail du clocher………………………………………………………250 fr » (équivalence : 1 mark = 1, 25 fr). - Pour l’exercice 1894 / 95, une double comptabilité est faite en mark et en francs. - A partir de 1895, toute la comptabilité est rédigée exclusivement en mark.
Embellissement de l’église
1895 : réfection du plancher sous les bancs de l’église, effectué par Mr Charles HENRIOT de Retonféy (92, 80 mark). 1898 : Mr Émile COLLIN, de Villers-Laquenexy, réalise le nouvel autel en marbre de l’église pour un montant de 240 mark. Cette même année, il avait également posé un carrelage devant l’église. Mr Émile COLLIN faisait partie du Conseil de Fabrique de sa « paroisse » depuis 1892, et sa signature figure régulièrement au registre de comptabilité jusqu’en 1908.
III. Retour de Villers-Laquenexy à la paroisse mère de Courcelles-sur-Nied
« Mr NASSOY, trésorier de la Fabrique de Villers cesse ses fonctions le dimanche de Quasimodo 1900. Mr MICHEL François accepte de reprendre les comptes pour l’avenir.» (Registre du Conseil de Fabrique) Cette date marque la fin de « l’autonomie » du Conseil de Fabrique de Villers-Laquenexy. Les comptes, désormais très succints, sont associés à ceux de l’église-mère de Courcelles-sur-Nied. La Fabrique de Villers-Laquenexy, qui avait fonctionné (légalement ou non ?) de façon indépendante est rattachée à sa paroisse de Courcelles, l’excédent de recettes de l’une compensant le déficit de l’autre, et réciproquement. Il faut cependant souligner que tous les travaux mentionnés ci-dessus ont été entièrement réalisés, sans aucune subvention extérieure (à l’exception des dommages de guerre) par les seules ressources de la Fabrique de Villers-Laquenexy (notamment la location des bancs), et grâce à la générosité de ses paroissiens : souscription, dons, quêtes, offrandes, sans oublier l’importante fondation faite par la famille Jean Wibratte.
Gilbert FEHR
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